
Par la rédaction : Sébastien Cahn
Après avoir dépeint dans nombre de ses films l'Italie des années 70, le réalisateur Marco Tullio Giordana se penche sur le cinéma transalpin de l'ère mussolinienne avec Une histoire italienne. Monica Bellucci et Luca Zingaretti y incarnent un couple d'acteurs fascistes.
Téléphones blancs et guerre civileDurant sa dictature, Mussolini se servait du cinéma afin de fédérer son peuple en lui donnant l'illusion d'un pays prospère et heureux. A partir de 1937, les studios de la Cinecitta produisent ainsi des romances à l'eau de
rose baptisées Téléphones blancs. L'intrigue d'
Une histoire italienne s'amorce à cette période et s'inspire librement du destin des comédiens Osvaldo Valenti et Luisa Ferida. Affilié au régime, ce couple d'
artistes perpétue son engagement au Duce lors de la guerre civile survenue après sa chute en 1943. 2 ans plus tard, ils sont exécutés pour l'exemple par le Comité de libération.
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Relation triangulaire
Si le nouveau
film de
Giordana développe une mise en abyme des premiers balbutiements du cinéma néo-réaliste italien, il dépeint aussi des destins tourmentés par l'Histoire. Les protagonistes de l'oeuvre sont ainsi déchirés entre leur engagement politique et leurs sentiments. Le personnage de Luisa Ferida (
Bellucci) devient l'objet d'une rivalité amoureuse entre 2 hommes de leur temps : son compagnon, le fasciste Valenti (
Zingaretti) et Taylor (
Alessio Boni), le réalisateur républicain.
Un projet de longue dateCela fait 25 ans que
Giordana souhaitait mettre en image le sujet mentionné ci-dessus. Il en avait été empêché par des moyens financiers moindres et la frilosité des chaînes télévisées face à la délicatesse du scénario. Jusqu'en 2003, où grâce au succès de son
film fleuve (6 heures) Nos meilleures années, le cinéaste renforce sa crédibilité, tout en considérant une meilleure résonance de son script avec notre époque.
Une histoire italienne illustre en effet une mise en garde contre la résurgence potentielle du fascisme en Europe. D'après l'artiste, ce risque serait actuellement accentué par le déclin cognitif et l'appauvrissement social de notre vieux continent.
Par la rédaction : Sébastien Cahn
© Cityvox
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